lundi 7 avril 2014

Trou-Caïman et parc naturel Quisqueya

Nous partons très tôt ce matin pour notre première excursion. Destination : Trou-Caïman, un petit lac d'une superficie d'environ 16 km2 et entouré de zones humides. Le soleil n'est toujours pas levé à notre arrivée, mais les pêcheurs se préparent déjà à embarquer sur le lac.

Le Trou Caïman est un ancien lac salé situé dans la plaine du Cul-de-Sac.
Les parulines en migration, principalement à couronne rousse, abondent dans
 la végétation sèche bordant le Trou Caïman. C'est aussi dans ces buissons
que nous pouvons admirer notre premier endémique, le Katje à couronne noire.
Les zones humides bordant le lac sont excellentes pour trouver des limicoles.

Aussitôt que le soleil s'éclaircit un peu, nous commençons à enregistrer nos premières observations : bihoreaux, aigrettes, ibis, foulques, limicoles, etc. Parmi les observations d'intérêt, mentionnons un voilier d'environ 125 Ibis falcinelles, un groupe mixte de Foulques d'Amérique et à cachet blanc (qui nous a d'ailleurs permis d'apprécier la différence entre les deux espèces), une dizaine de Conures maîtresse, ainsi que notre premier Katje à couronne noire (endémique).

La liste complète des observations est disponible à l'adresse suivante :
http://ebird.org/ebird/view/checklist?subID=S17797011.

Pluvier kildir, évidemment pas l'espèce la plus exotique...
Une cinquantaine de Flamants des Caraïbes étaient présents lors de notre visite.

Le Parc naturel Quisqueya

Après cette première excursion, nous nous dirigeons vers le parc naturel Quisqueya, situé en bordure du lac Azuéi (ou Étang saumâtre sur Google Maps), le plus grand lac d'Haïti (170 km2). 

Lieux visités lors de cette première vraie journée d'ornithologie en sol haïtien.

Le parc lui-même est d'une superficie d'environ 115 km2 et est caractérisé par une végétation sèche. Au niveau de l'avifaune, on y trouve le Coulicou manioc, l'Ani à bec lisse, le Martinet petit-rollé, le Colibri nain, le Todier à bec large (endémique), le Pic d'Hispaniola (endémique), etc.

À notre arrivée, on nous installe dans nos choucounettes, notre hébergement
dans le parc naturel Quisqueya.
Vue depuis le balcon de notre choucounette. On aperçoit en arrière-plan le lac
Azuéi ainsi que la République dominicaine.
Sentier qui traverse la forêt sèche.
Mais qui peut bien construire ces nids?
Réponse : le Tisserin gendarme, un oiseau originaire d'Afrique et introduit dans
plusieurs pays. Il est souvent considéré comme une peste.
La femelle du Tisserin gendarme.
Le Todier à bec large, un autre endémique à l'île d'Hispaniola. On le distingue
de son cousin à bec étroit par l'oeil foncé et la mandibule inférieure
complètement rouge.
Le Coulicou manioc, une belle surprise inattendue alors que nous étions à
la recherche du Tacco d'Hispaniola.

Le village englouti

En fin d'après-midi, nous entreprenons une dernière randonnée dans le parc, cette fois-ci pour visiter ce qui reste d'un village englouti. Le niveau de l'eau du lac Azuéi aurait augmenté de façon dramatique et inexpliquée depuis 2006. Plusieurs hypothèses ont été mises de l'avant pour expliquer cette montée des eaux, dont celle d'un phénomène géologique.

Les habitants du village englouti ont dû reconstruire un autre village en bordure du lac. Cette virée nous permet d'ajouter à notre liste d'espèces la Mouette atricille, le Tournepierre à collier, etc.

Le village englouti.
De jeunes pêcheurs.
Aigrette tricolore posée sur ce qui reste d'une maison engloutie.

Pour la liste complète des observations faites lors de cette première journée au parc naturel Quisqueya : http://ebird.org/ebird/view/checklist?subID=S17797018.

Un selfie depuis la tour d'observation du parc naturel Quisqueya. Ma
nouvelle photo de profil sur les réseaux sociaux! ;)
Un magnifique coucher de soleil en bordure du lac Azuéi.