lundi 22 mai 2017

Bilan des Iris matures 2017

Nous étions sur place un peu plus tôt cette année afin d'éviter le trafic (vive le pont-tunnel!), de sorte que nous avons décidé d'entamer notre Grand Défi à 17 h, soit une heure plus tôt que prévu.

Avec les inondations des dernières semaines, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre. Oh oui, le niveau de l'eau était encore très élevé. La tour d'observation, qui allait être notre résidence pour les 24 prochaines heures, était accessible. Mais tout autour était sous l'eau. On pouvait même observer un brochet en attente à quelques mètres des piliers de la tour. À ce moment, nous ne savions pas si toute cette quantité d'eau était une bonne nouvelle ou pas pour nous, pour trouver nos espèces d'oiseaux aquatiques.

Vue panoramique depuis la tour d'observation. Les années se suivent mais ne
se ressemblent pas. L'an passé, le marais était déjà très asséché et on voyait
peu le marais.

Pendant la première heure, on enchaîne les espèces au rythme habituel : Chevalier grivelé, Carouge à épaulettes, Troglodyte familier, Paruline jaune, Goéland à bec cerclé, Étourneau sansonnet, Hirondelle bicolore, etc. etc. etc. Pour terminer cette première journée avec 44 espèces et ainsi égaler notre meilleur départ.

Paruline jaune

Grand Héron

Lors d'un Big Sit, on apprend à reconnaître tous les signes nous permettant de
découvrir la présence de nouvelles espèces. Le cri d'alarme du carouge en est un.
C'est immanquable, chaque fois qu'on entend ce cri, on lève les yeux au ciel,
et quand ce n'est pas un Faucon émerillon (photo), c'est une buse, un épervier
ou un pygargue.

Et ça c'est compter qu'à ce stade, nous avons habituellement noté la bécasse et la bécassine. C'est peut-être à cause du froid, mais celles-ci ne seront jamais observées pendant cette édition du Grand Défi.

La nuit s'avère particulièrement froide. On dort tout habillé, avec la veste, la tuque et le foulard dans le sac de couchage. Évidemment, j'ai eu une pensée pour ma mère en regardant les étoiles dans le ciel, d'autant plus que ç'aurait été à ce moment son 60e anniversaire de naissance. Et ça prend du courage, ainsi que la chorale matinale des oiseaux, pour nous faire sortir de ce sac de couchage aux petites heures.

Encore là, on ajoute plusieurs espèces à un bon rythme : Paruline à joues grises, Paruline des ruisseaux, Paruline à calotte noire, Paruline masquée, Goglu des prés, etc. Et même un groupe d'une vingtaine de Bernaches cravants en vol au-dessus de Montréal.

Moqueur chat

Paruline flamboyante

En allant me dégourdir un peu les jambes à l'extérieur de la tour, je vois posé sous une table à pique-nique un oiseau inhabituel pour ce type d'habitat : un Râle de Virginie. Même si le niveau de l'eau se rend à quelques mètres de ladite table, de voir un râle complètement à découvert de cette façon, dans une lumière parfaite, est vraiment une chance inespérée. Je commence à prendre des photos alors qu'un deuxième individu se pointe et tous deux commencent à se nourrir sans vraiment s'inquiéter de ma présence. J'ai même le temps d'aller chercher Denis, Michel et Léa pour qu'ils profitent eux aussi de cette observation.

Râle de Virginie

C'est quand même fou. Alors qu'on pourrait penser qu'il se passe rarement quelque chose d'intéressant lors d'un Big Sit, puisque nous devons attendre que les oiseaux viennent à nous, nous avons toujours eu de belles observations, qu'on n'aurait peut-être même pas eu si nous avions décidé de faire plusieurs centaines de kilomètres pour aller chercher nos oiseaux.

Même chose pour cette Paruline du Canada, qui fut passablement coopérative et qui nous a permis de prendre toutes les photos que nous voulions.

Paruline du Canada

Sinon, grâce un Moucherolle des saules et un Héron vert en toute fin d'après-midi, nous avons atteint la marque de 74 espèces, ce qui représente quand même notre pire total, ex-aequo avec l'année dernière. Les vents du nord lors des deux journées précédant le Grand Défi n'ont sûrement pas aidé. Les parulines ont été observées au compte-gouttes. Et le niveau d'eau n'a finalement pas été un facteur positif pour nous si on se fie au faible nombre d'espèces d'oiseaux aquatiques observées. Probablement qu'avec toute la quantité d'eau disponible dans la région, les canards n'étaient pas aussi concentrés qu'à l'habitude dans le marais adjacent à notre site d'observation. Quant à la date, on ne peut faire autrement que de noter que nos deux pires années (2016, 2017) ont été réalisées à la fin du mois (19-21 mai) alors que nos meilleures années ont toutes été réalisées un peu plus tôt (9-15 mai). Nous aurons donc de belles réflexions pour savoir si nous maintenons le grand weekend de mai l'an prochain (18-19 mai 2018) ou si nous essayons une semaine plus tôt (11-12 mai 2018). Il faut toutefois dire que ç'aurait été impossible de le faire plus tôt cette année puisque le bac à cable n'a été mis en opération qu'à compter du 17 mai.

Moucherolle des saules

Héron vert

Vous pouvez voir en cliquant ici la liste complète des espèces observées lors de cette dernière édition du Grand Défi des Iris matures ainsi que des éditions antérieures.

Merci à tous ceux qui nous ont permis d'amasser 989 $ pour la protection des oiseaux du Québec. Pour les autres, il n'est pas trop tard pour bien faire. Vous avez encore quelques jours pour nous aider à atteindre notre objectif de 1 750 $ et peut-être même à le dépasser. Vous pouvez nous soutenir en cliquant sur ce lien :
https://quebecoiseaux.org/index.php/fr/gdqo-equipes/gdqo-mon-equipe?view=teamcontributions&id=294.

La traditionnelle photo avec l'affiche.

Merci aussi à mes coéquipiers, Denis Henri, Michel Préville et Léa Bernier-Lalonger, avec qui on a toujours autant de plaisir à compter les oiseaux pendant 24 heures. Merci aussi à tous les visiteurs qui sont venus nous encourager sur « notre » tour d'observation. Et merci aussi à l'équipe du Parc national des Îles-de-Boucherville, qui nous a encore donné cette année une permission spéciale pour passer la nuit à la tour d'observation et qui nous donne chaque année un coup de main au niveau logistique.

On a déjà hâte à l'année prochaine!

Paruline jaune